Le mode sombre arrive dans le backlog comme une case à cocher. Il se comporte comme un embranchement. Dès que vous le livrez, vous avez deux systèmes de couleurs, deux jeux de décisions de contraste, deux séries de captures dans votre marketing, et chaque futur composant doit naître deux fois.
Nous n’y sommes pas opposés. Ce site est sombre. Nous sommes opposés à le traiter comme un interrupteur que l’on ajoute en un sprint.
Inverser n’est pas concevoir
La version naïve retourne la palette et considère l’affaire réglée. Puis les problèmes apparaissent : le blanc pur sur noir pur vibre, les ombres cessent de traduire l’élévation faute de quoi que ce soit à assombrir, les couleurs de marque qui chantaient sur blanc deviennent ternes, et chaque illustration à fond transparent disparaît.
- L’élévation doit être reconstruite. Les thèmes clairs élèvent les surfaces par l’ombre. Les thèmes sombres les élèvent par la clarté — plus la surface est haute, plus elle est claire.
- Les couleurs de marque demandent souvent une seconde teinte. L’accent qui passe le contraste sur blanc le passe rarement sur un noir profond.
- Le noir pur et le blanc pur sont deux pièges. Le contraste maximal produit un halo, où le texte clair bave sur le fond sombre. C’est plus marqué chez les personnes astigmates.
- Les images demandent un plan. Les PNG transparents, les captures et les logos supposent tous une couleur de fond quelque part.
Le coût honnête
Environ un tiers de temps de design en plus sur chaque nouveau composant, et une seconde colonne permanente dans chaque passe de recette visuelle. Voilà le vrai prix, et il vaut la peine d’être payé quand votre produit est utilisé la nuit, sur de longues sessions, ou par des développeurs — des publics qui le réclameront sincèrement.
Livrez un thème auquel vous avez réfléchi plutôt que deux que vous avez inversés.
Si vous vous engagez, construisez-le dès le premier jour sur des tokens sémantiques — `surface`, `text-primary`, `border-subtle` — jamais sur des valeurs hexadécimales en dur dans les composants. Réintroduire des tokens dans une base de code aux couleurs figées est bien plus lourd que le thème lui-même.

